vendredi 14 octobre 2011

BETILLON / DORVAL-BORY


From now on, find our works exclusively on BETILLON / DORVAL-BORY

WELL TEMPERED ENVIRONMENT

Reyner Banham, Environmental management :

The surviving archaeological evidence appears to suggest that mankind can exist, unassisted, on practically all those parts of the earth that are at present inhabited, except for the most arid and the most cold. The operative word is “exist”; a naked man armed only with hands, teeth, legs, and native cunning appears to be a viable organism everywhere on land, except in snowfields and deserts. But only just; in order to flourish, rather than merely survive, mankind needs more ease and leisure than a bare-fisted, and barebacked, single-handed struggle to exist could permit.
A large part of that ease and leisure comes from the deployment of technical resources and social organizations, in order to control the immediate environment : to produce dryness in rainstorms, heat in winter, chill in summer, to enjoy acoustic and visual privacy, to have convenient surfaces on which to arrange one’s belongings and sociable activities. For all but the last dozen decades or so, mankind has only disposed of one convincing method for achieving these environmental improvements; to erect massive and apparently permanent structures.
Partial solutions to these problems have always been offered by alternative methods such as wearing a coat in the rain; getting in a tent out of he sun, or gathering around a camp-fire in the cool of evening. But a coat is an unsociable solution, a tent is short on acoustic privacy even though it may be adequate to keep off prying eyes, and a camp fire, while it can provide heat and light enough to make a useful area and ground habitable, is short on all sorts of privacy and offers no protection against rain.
But, over and above considerations of this kind, one must observe a fundamental difference between environmental aids of the structural type (including clothes) and those of which the camp-fire is the archetype. Let the difference be expressed in a form of parable, in which a savage tribe (of the sort that exists only in parables) arrives at an evening camp-site and finds it well supplied with fallen timber. Two basic methods of exploiting the environmental potential of hat timber exist : either it may be used to construct a wind-break or rain-shed - the structural solution - or it may be used to build a fire - the power-operated solution. An ideal tribe of noble rationalists would consider the amount of wood available, make an estimate of the probable weather for he night - wet, windy, or cold - and dispose of its timber resources accordingly. A real tribe, being the inheritors of ancestral cultural predispositions would do nothing of the sort, of course, and would either make fire or build a shelter according to prescribed custom - and that, as will emerge from this study, is what Western, civilized nations still do, in most cases.

Reyner Banham, Environmental management

in “The architecture of the well tempered environment”, 1969


jeudi 18 novembre 2010

L'ATMOSPHERE DES CAFES PARISIENS

Depuis le XVIIe siècle, moment de l’apparition du café littéraire, l’histoire culturelle de Paris est inscrite dans les alcôves et comptoirs de ses estaminets. Lieux de vie et de dynamisme intellectuel, les cafés parisiens vibraient des ambiances bruyantes ou feutrées, atmosphères stimulantes et souvent enfumées générées par leurs usagers et peut-être aussi par une part impalpable, davantage inhérente au lieu.

Aujourd’hui, le bistrot parisien fait bien souvent pâle figure, engoncé dans des parures d’un autre siècle, singeant dans un décor pour touristes des époques où la bouillonnante atmosphère créative remplissait à elle seule l’endroit.

Lorsque nous avons été contactés par un célèbre propriétaire de bars et restaurants pour un projet à Bastille, notre idée a été d’explorer cette atmosphère si particulière et évanescente.

Pour ce faire, il s’agissait de se détacher au maximum de la chape de tentures, boiseries et dorures, si chère aux cafetiers et décorateurs, pour développer une réflexion sur les éléments tangibles et pourtant invisibles d’un tel lieu, les éléments discrets et chimiques qui constituent cet environnement, à la manière de Philippe Rahm qui questionne : "Est-ce que le climat pourrait constituer un nouveau langage architectural, celui dʼune architecture pensée comme météorologie? Pourrait-on imaginer que les phénomènes climatiques tels que la convection, la conduction, lʼévaporation par exemple, puissent devenir les nouveaux outils de la composition architecturale ? La vapeur, la chaleur ou la lumière pourraient-elles constituer les nouvelles briques de la construction contemporaine?"

Notre intervention porterait alors sur le contrôle et l’expression de ces corps atmosphériques, une façon contemporaine de revendiquer le climat comme enveloppe primordiale de l’usager. L’architecture se scinderait en deux : d’une part un aménagement conçu comme une machine structurante, une trame de fond régissant, d’autre part, les flux, phénomènes et particules invisibles.

Le lieu est donc pensé comme une véritable atmosphère, au sens littéral, dont l’équilibre est régit par les variations de pression, de flux, les propriétés chimiques de telle ou telle zone en tension avec la présence des usagers. L’espace du café a été séparé en cinq parties programmatiques distinctes, cinq situations ayant chacune une particularité atmosphérique propre.

A l’exception de quelques pièces, l’ensemble du lieu est compris entre deux grilles métalliques horizontales, définissant un plenum continu permettant une circulation d’air complète guidée par les mouvements convectifs. Amorçant son parcours dans une "chambre motrice", dont la polarisation d'une source chaude et d'une source froide crée un déséquilibre barométrique, le volume d'air va se répandre progressivement dans chacune des pièces du lieu, où ses propriétés seront modifiées.

1. Chambre à dynamique de flux
Dans cet espace clos, l'air est simplement mis en mouvement par le contraste thermique de deux bulles lumineuses, l'une rayonnant dans l'infrarouge, l'autre complètement froide. Ce lieu étrange donne à voir l'écart de longueur d'onde de rayonnement, créant une instabilité visuelle et spatiale stimulant l'usager. Bien que séparé de l'atmosphère spécifique de cette pièce, le volume d'air présent dans les plenums inférieur et supérieur est également irradié par les lampes adjacentes. Ces variations de température génèrent l'amorce nécessaire au déplacement de l'air, tel un cœur donnant l'impulsion primordiale au fluide vital.

2. Bar à échange thermique
La partie bar est le second espace inondé par l'air pulsé précédemment. Ce lieu d'échanges, de discussion, de désaltération, de danse ou d'enivrement est singulièrement marqué par la présence d'un élément fort qui en défini l'usage : le comptoir. Meuble purement fonctionnel, le comptoir est surtout dans un bar l'interface qui permet l'acquisition de boisson (fraîches en particulier), en cela nous le définissons comme un dispositif d'échange thermique. Sa forme est alors dictée par cette fonction à l'état pur : une interface thermique capable de capter la chaleur corporelle irradiée des consommateurs. Canalisée, cette énergie calorifique est alors recyclée en froid par l'intermédiaire d'une machine à absorption pour fabriquer la glace qui réfrigérera les prochains cocktails.
Plus qu'une répartition savante d'équipements variés, le système acoustique est ici pensé comme un réseau uniforme, un essaim visible et mouvant. La vibration de l'air est ici l'objet de l'attention, bien plus que la formalisation – standardisée – de l'appareil.

3. Restaurant à filtration d’air
Prendre un repas n'est jamais un acte anodin. Aussi un chef aime à créer un environnement sain pour apprécier ses plats. Si le décorum peut être chargé, l'environnement immédiat de la nourriture se doit d'être neutre et parfait : dans une analogie au White Cube de Brian O'Doherty dans l'art visuel, on pourrait chercher à créer un environnement sensible neutre et blanc pour chaque repas : assiettes et nappes blanches, lumière neutre, son neutre, air neutre. C'est particulièrement sur ce dernier point que nous travaillerons dans cet espace, la neutralisation et la purification de l'air entrant par un dispositif d'interstice filtrant.
A travers de grandes hélices, la façade sur rue inspire l'air extérieur pollué de la place de la Bastille. Dans un espace vitré dilaté entre intérieur et extérieur, sorte d'étroite serre tempérée, se développe un écosystème constitué de plantes dépolluantes et sélectionnées pour leurs propriétés purificatrices. Traversant ce jardin absorbant, l'air vicié est épuré de ses toxines et odeurs puis injecté dans le restaurant, fournissant une base atmosphérique neutre et saine à l'ensemble du lieu.

4. Boudoir anéchoïque
A l'écart du tumulte d'une salle de bar, il doit exister un lieu calme, plus intime, dans lequel le secret des conversations est retenu par l'architecture. Ici, le son est donc la composante atmosphérique principale, celle qui dicte la forme à l'espace. Malgré le principe de circulation d'air et de fluidité visuelle du café, le boudoir doit être complètement isolé phoniquement. Pour cela, un aménagement inspiré des chambres anéchoïques est créé dans ce petit salon. Ainsi piégé dans les circonvolutions de la mousse acoustique encadrant l'espace, le son émis par les usagers et par le dispositif musical ne quitte pas le cercle confidentiel de la table…

5. Fumoir hormonal
Avec les récentes restrictions sur le tabagisme, fumer dans un bar est souvent interdit à l'intérieur. Pourtant, s'ils sont conçus comme des chambres isolées, les fumoirs se glissent désormais entre les lignes des réglementations sur ces lieux. Pour le fumoir de notre café, nous avons voulu réfléchir à l'isolement induit par ces règlements et trouver un lien invisible avec le reste du lieu.
Il est bien connu que la consommation de tabac coupe la faim, or notre programme est un café/restaurant. Ainsi, les fumeurs isolés dans le fumoir sont hormonalement prédisposés à ignorer la fonction dinatoire du lieu.
De récentes études sur la production de la CCK (cholécystokinine, une des hormones de la faim) indiquent qu'une courte exposition à de basses températures permet de stimuler fortement la faim. Ainsi, le fumoir sera un lieu réfrigéré par le sol, doté d'une puissante extraction des fumées qui seront évacuées au travers d'une double peau en verre. L'architecture du fumoir est alors mise toute entière au service d'un rééquilibrage des effets du tabac sur l'organisme, afin de reconnecter l'usager avec la fonction du lieu.
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English version on my website.

mercredi 27 octobre 2010

VOLUME EXTRUSIONS BY PASCAL GRASSO

My friend Pascal Grasso recently achieved several works (an apartment, an office and a showroom). Following a general graphical idea, he developed an interesting layout for each space using extruded volumes. Like for his previous project Nomiya, Pascal asked me to take the pictures of these three projects.
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Mon ami Pascal Grasso vient de terminer plusieurs chantiers (un appartement, un bureau et un showroom). En suivant une idée graphique générale, il a développé un agencement intéressant pour chaque espace en utilisant des volumes extrudés. Comme pour son précédent projet Nomiya, Pascal m'a demandé de réaliser les photographies de ces trois projets.

Apartment :
Office and showroom :


lundi 18 octobre 2010

REVISTA PLOT IN PARIS

In each issu, new architecture magazine PLOT from Buenos Aires publishes an article about young architecture offices in one specific city… the first one was about London. For the second issu, chief editor Florencia Rodriguez asked me to select a few interesting practices here in Paris. Among a list of ten names, they finally picked four : Philippe Rahm, La Ville Rayée / Face B, Adélaïde & Nicola Marchi, and us (Bétillon / Dorval-Bory). I was also in charge of taking portrait of them, so here they are.
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Dans chaque numéro, la nouvelle revue d'architecture PLOT de Buenos Aires publie un article sur la scène architecturale émergente d'une ville donnée... le premier était sur Londres. Pour le deuxième numéro, la rédactrice en chef Florencia Rodriguez m'a demandé de selectionner quelques agences intéressantes ici à Paris. Dans une liste d'une dizaine de noms, la rédaction en a finallement choisi quatre : Philippe Rahm, La Ville Rayée / Face B, Adélaïde & Nicola Marchi, et nous (Bétillon / Dorval-Bory). J'étais également en charge de prendre des portraits des agences, les voici.Philippe Rahm, in his office

La Ville Rayée (David Apheceix, Sébastien Barat Martinez, Benjamin Lafore) on the stairs of the Eglise St Vincent de Paul.

Me and Raphaël Bétillon, near Belleville.

Nicola & Adélaïde Marchi, down the stairs of their office.

BEING AN IMPRESSIONIST

An interesting article has been published in this week (13/10) french magazine Les Inrockuptibles by architect Philippe Rahm, where he explains his interpretation of the work of Claude Monet and in which I am briefly named along with other artists and architects.
The article:

We thought we were the grandchildren of Duchamp, and we discover that in reality we are descendants of Claude Monet. We were taught to distrust science, and here we rediscover an artist engaged with the scientific avant-garde of his time, working on the principle of colors optical mix of Charles Blanc, or the law of simultaneous contrast theorized by Michel-Eugène Chevreul. In a current analysis of the vaporized and meteorological work of Claude Monet, a possibility exists to draw another genealogy of French contemporary art, which would go back up, through spectral music and Nouveau Roman, in a straight line to the Impressionists ( cf. Révolutions Sonores by Guy Lelong, MF Editions, 2010). What matters most is not the subject but the shapes that may arise from analytical dissociation of the methods we work with. We explore the infinitely small, we analyze the optical or sound spectra, we decompose reality into visual, electromagnetic or thermal particles, then we recompose it, but with a number of its elements, not all of them. In all these works, there is a sort of French light, this rational brightness of the Enlightenment, the whiteness of writing, this almost chemical objectivity, a lack of narrative, but from which emerges something magical, a "disturbing unreality", related to "a further realism more than a deliberate fiction" as Gerard Genette said about Robbe-Grillet. Today, a number of our work are coming within the scope of this descent : those of architects Berger&Berger or Nicolas Dorval-Bory, designer Mathieu Lehanneur, artists Loris Gréaud and Laurent Grasso. I am an impressionist too.

Philippe Rahm
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Dans le magazine Les Inrockuptibles de cette semaine (13 octobre) est paru un intéressant article de l'architecte Philippe Rahm, où il explique son interprétation de l'oeuvre de Claude Monet, et dans lequel je suis brievement cité aux côtés d'autres artistes et architectes.
Voici l'article :

Nous pensions être les petits-enfants de Duchamp, et nous découvrons qu'en réalité nous descendons de Claude Monet. On nous a appris à nous méfier de la science, et voici qu'on redécouvre un artiste en prise avec l'avant-garde scientifique de son époque, travaillant sur le principe du mélange optique des couleurs de Charles Blanc ou sur la loi du contraste simultané théorisée par Michel-Eugène Chevreul. Il y a dans la relecture actuelle de l'œuvre vaporisée et météorologique de Claude Monet la possibilité de tracer une autre généalogie de l'art contemporain français, qui remonterait, par la musique spectrale et le Nouveau Roman, en droite ligne jusqu'aux impressionnistes (cf. Révolutions sonores... de Guy Lelong, MF Editions, 2010). Ce qui compte n'est pas le sujet mais les formes qui peuvent surgir de la dissociation analytique des moyens avec lesquels on travaille. On explore l'infiniment petit, on analyse les spectres optiques ou sonores, on décompose le réel en particules visuelles, électromagnétiques ou thermiques, puis on le recompose, mais avec un certain nombre de ses éléments, pas tous. Dans l'ensemble de ces travaux, il y a une sorte de lumière française, cette clarté rationnelle des Lumières, la blancheur de l'écriture, cette objectivité presque chimique, l'absence de narration, mais dont se dégage quelque chose de magique, une "troublante irréalité", qui relèverait "non pas d'une fiction délibérée, mais d'un réalisme plus poussé", comme le disait Gérard Genette à propos de Robbe-Grillet. Aujourd'hui, un certain nombre de nos travaux s'inscrivent dans cette descendance, ceux des architectes Berger&Berger ou Nicolas Dorval-Bory, du designer Mathieu Lehanneur, des artistes Loris Gréaud ou Laurent Grasso. Je suis moi aussi un impressionniste.

Philippe Rahm

samedi 9 octobre 2010

CONCRETE COMPOSITION IN JOLIMONT

Raphaël and I recently produced a draft for a small extension of a classical house in Toulouse. Using an existing garage, the client wanted to convert it into a small hotel room, adding a second floor to it. Following the building regulation of the neighborhood, we had to create a shifted and cantilevered volume supported by a concrete wall, generating an interesting relation with the existing structure.
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Raphaël et moi avons récemment réalisé une esquisse pour une petite extension de maison à Toulouse. Le client souhaitait convertir un garage existant en un petit gîte urbain, en ajoutant un étage au volume existant. En respectant les règlements urbains du quartier, nous avons dû créer un volume décalé, en porte-à-faux mais soutenu par un voile de béton, générant une relation intéressante à la structure existante.

BETILLON / DORVAL-BORY


Here it is, we are now an office...
Our website is still under construction.
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Ca y est, nous sommes une agence...
Notre site web est quant à lui encore en travaux.

MA BIBLIOTHEQUE DURABLE

Thanks to a proposal by my friend Yannick Mas, I'm taking part in an interesting introductory project to architecture in a small middle school of a lower-class neighborhood, the cité de Grand Vaux. The project seeks to teach the architectural conception of a sustainable small public library to grade 7 pupils. More information after the first session, next wednesday!
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Grâce à la proposition de mon ami Yannick Mas, je participe à un intéressant projet d’initiation à l’architecture dans un petit collège d’un quartier défavorisé, la cité de Grand Vaux. Il s’agit d’initier les élèves de 5e à la conception architecturale d’une bibliothèque de quartier, orientée vers le développement durable. Plus d’informations après la première séance, mercredi prochain!

CONJUNTO LOS ANDES FOR PLOT

Back in Buenos Aires a few months ago, I produced for new architecture magazine PLOT a photographical documentary about the “conjunto Los Andes”, a social housing complex built by architect Fermin Bereterbide in 1927. It's in the very same building that we (Max Zolkwer office) made the renovation of an apartment I had wrote about here.
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Il y a quelques mois à Buenos Aires, j'ai réalisé pour le nouveau magazine d'architecture PLOT un reportage photographique du "conjunto Los Andes", un ensemble de logements sociaux construits par l'architecte Fermin Bereterbide en 1927.
C'est dans ce même édifice que nous (l'agence Max Zolkwer) avons réalisé la rénovation d'un appartement dont j'avais parlé ici.