Almost two years ago I wrote about my architect friends Eléonore Labattut and Simon Déprez who were conducting a study in Aceh region, Indonesia to investigate the post-tsunami reconstruction.Then, after carefully collecting data in a 5 months on-site study, and almost one year analyzing, interpreting, organizing the results, their book has just been published a few days ago. Entitled "Après le tsunami, reconstruire l'habitat en Aceh", it is edited by URD (Urgence Réhabilitation Développement), a NGO defining itself as "a research, evaluation and training institute [which] area of expertise is humanitarian action and post-crisis reconstruction".
Simon, also a photographer, took all the wonderful pictures featured in the book, giving the study a more sensitive and human scale.
This is my translation of the back cover :After the damages caused by the 2004 tsunami, hundreds of NGO and international organizations came to Aceh, on the Indonesian island of Sumatra. About a hundred of them engaged there a long work of dwelling reconstruction. 500 000 Acehnese were then homeless and, within the next 4 years, 140 300 houses were rebuilt thanks to a part of the 7.8 billions of dollars gathered by the international community and private donations. Never construction had had such a large importance in humanitarian programs.Below you will find some excerpts (French only) :
Written after an on-site study, this book proposes to analyze this large reconstruction program and in particular its impact on the population and the Acehnese territory. The authors question the conditions of appropriation and of viability of the rebuilt houses, according to their architectural typologies, their construction method and their evolution potential. But beyond housing problematics, the study focuses on closely related areas such as urban planning, real estate, economic aid or articulation between the emergency phase and development programs. Special focus is made on the post-conflict context in which this reconstruction took place, following the peace agreement signed in 2005 and that put an end to a 30 years guerilla between GAM separatists and the national government.
Taking place in an impoverished and isolated area due to a long conflict, did this exceptionally scaled operation of reconstruction allowed to set the bases for a sustainable social and economic development in Aceh area?
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Il y a presque deux ans j'ai écrit un article sur mes amis architectes Eléonore Labattut et Simon Déprez qui avaient entrepris une étude dans la région d'Aceh, en Indonésie pour enquêter sur la reconstruction post-tsunami.
Après une soigneuse collecte de données en 5 mois d'études sur place, et près d'un an d'analyse, d'interprétation, d'organisation des résultats, leur livre vient d'être publiée il y a quelques jours. Intitulée "Après le tsunami, Reconstruire l'habitat en Aceh", il est édité par l'URD (Urgence Réhabilitation Développement), une ONG se définissant comme " institut associatif de recherche, d’évaluation et de formation sur l’action humanitaire et la reconstruction post-crise [dont] l'objectif est d’améliorer les pratiques afin d’assurer aux populations affectées par des crises une amélioration de leur situation.".
Simon, également photographe, a pris toutes les superbes photos illustrant l'ouvrage, conférant à l'étude une dimension plus sensible et humaine.
Un extrait de la quatrième de couverture :A la suite des ravages causés par le tsunami de 2004, plusieurs centaines d'ONG et d'organisations internationales se sont rendues en Aceh, sur l'île indonésienne de Sumatra. Une centaine d'entre elles y ont engagé un long travail de reconstruction d'habitat. 500 000 Achinais étaient alors sans abri et, au cours des quatre années qui ont suivi, 140 300 maisons ont été reconstruites grâce à une partie des quelque 7.8 milliards de dollars recueillis par la communauté internationale et les donateurs privés. Jamais la construction n'avait tenu une aussi grande place dans les programmes humanitaires.
Ecrit à la suite d'une enquête de terrain, cet ouvrage se propose d'analyser ce vaste programme de reconstruction et notamment son impact sur la population et le territoire achinais. Les auteurs interrogent les conditions d'appropriation et de viabilité des maisons reconstruites suivant leurs typologies architecturales, leurs méthodes de construction et leur potentiel évolutif. Mais au-delà des problématiques liées à la maison, l'étude s'intéresse aux domaines connexes que sont la planification, le foncier, l'aide économique ou l'articulation entre la phase d'urgence et les programmes de développement. L'accent est mis sur le contexte de post-conflit dans lequel s'est déroulée la reconstruction, suite à l'accord de paix signé en 2005 qui a mis fin à une guérilla de trente ans entre les séparatistes du GAM et le gouvernement national.
Prenant place dans une région appauvrie et isolée par un long conflit, cette opération de reconstruction à l'ampleur exceptionnelle a-t-elle permis de poser les bases d'un développement social et économique soutenable pour la région d'Aceh?
Voici quelques extraits :c. Une base solide : l’importance des détails et de la qualité constructive (p. 65)
D’autres détails constructifs peuvent avoir leur importance : les structures des maisons de YEU à Kuala Bubon ou encore celles de la Croix-Rouge allemande laissent dépasser les nez de poutre du premier étage de plusieurs dizaines de centimètres vers l’extérieur. Si elle peut rappeler certaines formes architecturales des constructions traditionnelles en bois, cette configuration permet surtout l’accroche de structures complémentaires (type balcons) ou d’autres extensions.
b. Participation à la construction de la maison (p. 114)
- Former des villageois, souvent pêcheurs ou agriculteurs, aux métiers de maçon ou de charpentier demande du temps. De plus, une formation rapide ne permet pas toujours aux travailleurs d’acquérir un savoir-faire très pointu. Il est plus facile de former un homme à la confection de briques qu’à la conception de charpentes. Les formations hâtives, dans ces cas de participation, ne permettent pas de développer des savoir-faire réellement qualifiants.- En Aceh, les années de conflit ont bouleversé les habitudes et les rythmes de travail. Un état d’esprit « au jour le jour » rend difficile la fidélisation des ouvriers et le travail journalier, ce qui perturbe l’organisation du travail et l’avancée du chantier.

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