lundi 18 octobre 2010

BEING AN IMPRESSIONIST

An interesting article has been published in this week (13/10) french magazine Les Inrockuptibles by architect Philippe Rahm, where he explains his interpretation of the work of Claude Monet and in which I am briefly named along with other artists and architects.
The article:

We thought we were the grandchildren of Duchamp, and we discover that in reality we are descendants of Claude Monet. We were taught to distrust science, and here we rediscover an artist engaged with the scientific avant-garde of his time, working on the principle of colors optical mix of Charles Blanc, or the law of simultaneous contrast theorized by Michel-Eugène Chevreul. In a current analysis of the vaporized and meteorological work of Claude Monet, a possibility exists to draw another genealogy of French contemporary art, which would go back up, through spectral music and Nouveau Roman, in a straight line to the Impressionists ( cf. Révolutions Sonores by Guy Lelong, MF Editions, 2010). What matters most is not the subject but the shapes that may arise from analytical dissociation of the methods we work with. We explore the infinitely small, we analyze the optical or sound spectra, we decompose reality into visual, electromagnetic or thermal particles, then we recompose it, but with a number of its elements, not all of them. In all these works, there is a sort of French light, this rational brightness of the Enlightenment, the whiteness of writing, this almost chemical objectivity, a lack of narrative, but from which emerges something magical, a "disturbing unreality", related to "a further realism more than a deliberate fiction" as Gerard Genette said about Robbe-Grillet. Today, a number of our work are coming within the scope of this descent : those of architects Berger&Berger or Nicolas Dorval-Bory, designer Mathieu Lehanneur, artists Loris Gréaud and Laurent Grasso. I am an impressionist too.

Philippe Rahm
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Dans le magazine Les Inrockuptibles de cette semaine (13 octobre) est paru un intéressant article de l'architecte Philippe Rahm, où il explique son interprétation de l'oeuvre de Claude Monet, et dans lequel je suis brievement cité aux côtés d'autres artistes et architectes.
Voici l'article :

Nous pensions être les petits-enfants de Duchamp, et nous découvrons qu'en réalité nous descendons de Claude Monet. On nous a appris à nous méfier de la science, et voici qu'on redécouvre un artiste en prise avec l'avant-garde scientifique de son époque, travaillant sur le principe du mélange optique des couleurs de Charles Blanc ou sur la loi du contraste simultané théorisée par Michel-Eugène Chevreul. Il y a dans la relecture actuelle de l'œuvre vaporisée et météorologique de Claude Monet la possibilité de tracer une autre généalogie de l'art contemporain français, qui remonterait, par la musique spectrale et le Nouveau Roman, en droite ligne jusqu'aux impressionnistes (cf. Révolutions sonores... de Guy Lelong, MF Editions, 2010). Ce qui compte n'est pas le sujet mais les formes qui peuvent surgir de la dissociation analytique des moyens avec lesquels on travaille. On explore l'infiniment petit, on analyse les spectres optiques ou sonores, on décompose le réel en particules visuelles, électromagnétiques ou thermiques, puis on le recompose, mais avec un certain nombre de ses éléments, pas tous. Dans l'ensemble de ces travaux, il y a une sorte de lumière française, cette clarté rationnelle des Lumières, la blancheur de l'écriture, cette objectivité presque chimique, l'absence de narration, mais dont se dégage quelque chose de magique, une "troublante irréalité", qui relèverait "non pas d'une fiction délibérée, mais d'un réalisme plus poussé", comme le disait Gérard Genette à propos de Robbe-Grillet. Aujourd'hui, un certain nombre de nos travaux s'inscrivent dans cette descendance, ceux des architectes Berger&Berger ou Nicolas Dorval-Bory, du designer Mathieu Lehanneur, des artistes Loris Gréaud ou Laurent Grasso. Je suis moi aussi un impressionniste.

Philippe Rahm

1 commentaires:

Fran a dit…

Étrange résurgence de l'identité national dans l'art contemporain ...
Il est difficile de nier des spécificités locales malgré le contexte de la mondialisation.
De là à le revendiquer dans une tribune, on se croirait de retour au début du XXème siècle,comme au temps des impressionnistes finalement.
Frenchtouch, Impressionistes, Rahmiste, bon Philippe Rahm est Suisse ouf !
Cela étant, je trouve ce basculement dans l'immatériel sans tomber dans l'abstraction autrement plus intéressante que la filiation supposée avec les Lumières.
Si mon nom avait été cité, je me serais malgré tout laissé grisé, flagrant délit d'humanité très français...